« Ne te retourne plus
le soleil est désormais
l’ombre de ta vie

Ne t’arrête pas
ce feu tranquille brûlerait
tes dernières forces

Ne dors que debout
pour entendre encore
l’histoire qui tremble »

 

Stupeur et immense chagrin. Nous avons appris le décès dans un accident de la circulation, ce mardi 8 août, de notre ami Jean-Marie Berthier, à l’âge de 77 ans. Tous ceux qui ont connu ce remarquable poète se souviennent de son rire, de l’élégance affectueuse avec laquelle il prenait des nouvelles de chacun, et surtout de son enthousisame communicatif. Jean-Marie, qui n’avait pas été épargné par la vie, gardait envers et contre tout, du plus profond d’un chagrin déséspéré, un élan vital fabuleux et une générosité flamboyante. Lire Jean-Marie Berthier, c’est faire l’expérience d’une poésie à la fois humaniste et révoltée.
Après avoir enseigné le français sur les cinq continents, ce proche de Pierre et Colette Seghers s’était retiré dans les Alpes. Son oeuvre poétique, marquée à jamais par la disparition accidentelle de deux de ses enfants, se veut un chant d’amour et de fraternité avec les autres, qu’ils vivent dans les montagnes de haute Tarentaise, les forêts du Cambodge, les déserts d’Afrique, les terres d’Amérique latine ou sur les îles perdues d’Océanie. Chagrin, espérance, révolte se mêlent dans cette poésie écrite à hauteur d’homme. Parmi ses éditeurs, Fanlac, Rougerie, Le nouvel Athanor, Le bruit des autres… La revue Phoenix lui consacre son dernier numéro qui vient de paraître. Il avait confié à Bruno Doucey, à qui il était uni par une très ancienne complicité et une profonde affection, la publication de son dernier recueil de poèmes, dédié à ses petits-enfants, Ne te retourne plus, qui sera en librairie le 7 septembre. Sa parution le remplissait de joie, et nous aussi. Nous partageons la peine de sa fille chérie, Anouk, et de tous les siens.

 

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