Revue de Presse

> Alain-Jacques Lacot vient de publier un long article dans le Magazine Littéraire de février 2012 sur le thème À quoi bon les poètes aujourd’hui en France. Un encadré est consacré à « Bruno Doucey : une aventure éditoriale »


> Bernard Pivot a consacré sa première chronique du Journal du Dimanche de 2012 à la poésie en faisant la part belle aux Éditions Bruno Doucey.

http://www.lejdd.fr/Chroniques/Bernard-Pivot/

Extrait : La poésie du premier jour

« Non, lecteurs, ne fuyez pas. La poésie n’est ni repoussoir ni trompe-l’œil. Ce n’est pas parce qu’elle est ignorée des médias qu’elle ne vit pas. Ce n’est pas parce qu’elle est modeste – quoique l’orgueil des poètes n’ait jamais fait relâche – et le plus souvent souterraine, qu’elle ne produit plus d’œuvres éclatantes.

La poésie a toujours des lecteurs. Probablement sont-ils moins nombreux qu’à des époques plus accueillantes au chuchotement et au lyrisme, mais ils forment une communauté dans laquelle la curiosité le dispute à la ferveur. Je suis certain que de nombreux lecteurs du JDD jugeront prometteur qu’en ce premier jour de la nouvelle année la poésie s’affiche dans leur journal. D’abord, à travers un homme, Bruno Doucey, qui revendique avec panache l’héritage du poète et éditeur Pierre Seghers. Non seulement il a dirigé pendant quelques mois les éditions qui portent le nom de son célèbre aîné, mais c’est lui qui avait
rédigé le catalogue – une vraie biographie illustrée – de l’exposition « Pierre Seghers — Poésie, la vie entière », du musée du Montparnasse.

Poète lui-même, Bruno Doucey a eu l’audace – sans argent – de créer une maison d’édition. Dans de petits livres très soignés, il publie des poètes du monde entier, militants dans l’âme, lyriques dans l’écriture. Ils résistent aux oppressions de toute nature, ils militent pour la liberté, et ils ont du talent. Ainsi le Tunisien Moncef Ouhaibi avec Que toute chose se taise, 21e ouvrage des Éditions Bruno Doucey. Son poème Exercice d’écriture du vendredi 14 janvier 2011, premier jour de la révolution tunisienne, a fait scandale. Parce qu’il a écrit : « Que toute chose se taise ce vendredi/Les chansons des bergers/ L’appel à la prière/Dis-leur/Ne faites pas la prière/Ce vendredi. » Rejet de l’islam? Évidemment, non. Entendre plutôt ceci : quand l’Histoire retient son souffle, puis bascule, pourquoi Dieu ne serait-il pas
associé aux hommes dans le silence? La fin de ce long poème est terrible. « Mais, si, écoutez bien/C’est le bruit de ses bottes/Le despote/Qui s’enfuit/Qui part/En hâte/Qui traîne ses pas lourdement/Vers l’endroit où/Il s’endormira/Dans un cadavre vide. »

> Paul de Brancion était l’invité de Marie Richeux dans son émission « Pas la peine de crier » sur France Culture le 5 janvier 2012. Pour le réécouter : http://www.franceculture.fr/emission-pas-la-peine-de-crier-mor-est-morte-2012-01-05

> Anne Bihan était invitée d’Augustin Trapenard dans son émission « Carnet d’or » sur France Culture le 10 décembre 2011. Pour la réécouter : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4354187

> Bruno Doucey était l’un des invités du magazine littéraire Gweba en direct du SILO sur Nouvelle Calédonie 1ère le 9 novembre dernier. Il a notamment présenté les recueils d’Imsanago et Anne Bihan ainsi que pour l’anthologie Outremer. Regardez…
http://nouvellecaledonie.la1ere.fr/programmes/gweba/emission-speciale-silo_70505.html

> Regardez Anne Bihan dans l’émission Temps de parole qui lui a été consacrée sur Nouvelle Calédonie 1ère en cliquant ici
http://nouvellecaledonie.la1ere.fr/programmes/temps-de-parole/special-silo-anne-bihan_69950.html

> Une chronique consacrée à Anne Bihan et son recueil Ton ventre est l’océan, à écouter sur Nouvelle Calédonie première :
http://nouvellecaledonie.la1ere.fr/radio/evenements/ton-ventre-est-locean_69203.html

> Un bel article consacré au recueil de Jack Küpfer Dans l’écorchure des nuits sur ce blog :
http://brouillons-de-culture.over-blog.org/article-jack-kupfer-une-poesie-armee-de-futur-88304770.html
> Yvan Amar sur RFI consacre son émission la Danse des mots du 5 septembre à l’anthologie Outremer-Trois océans en poésie.
À écouter en cliquant ci-dessous :

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> Un reportage d’Anaïs Crouzet  sur RFO après la remise du Grand prix du livre insulaire du salon de Ouessant à Outremer – Trois océans en poésie avec une interview de Bruno Doucey. À écouter en cliquant ci-dessous :

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> Maram al-Masri à l’honneur dans un article du Magazine Littéraire d’Alain-Jacques Lacot qui lui est consacré (juillet 2011)

21/07/2011 | Critique | Poésie Maram al-Masri à Sète, chants de peines et d'amour - Le Temps des cerises - ©

Maram al-Masri à Sète, chants de peines et d’amour

La poétesse née en Syrie, invitée au festival des « Voix vives » à Sète, peint la douleur et la passion. Tandis que Les Âmes aux pieds nus rapporte avec justesse et pudeur les souffrances de femmes rencontrées en banlieue parisiennes, Maram al-Masri évoque dans Par la fontaine de ma bouche les grâces d’un amour charnel.

Une voix, nue, humaine, libre et souveraine, s’est levée : une voix de femme. Cette voix, c’est celle de Maram al-Masri, poète née en Syrie à Lattaquié en 1962, exilée à Paris depuis 1982. Mais ce n’est pas de cet exil-là que parle Maram al-Masri, pas non plus des femmes d’un Orient fantasmé. Avec Les Âmes aux pieds nus , elle rend la parole à des dizaines de femmes de tout âge et de toutes conditions à qui on l’a confisquée, exilées dans leur propre vie car victimes de la violence qui leur est faite par de trop nombreux bourreaux domestiques. Ce pourrait être un cri de révolte ou une longue plainte, la poète pourrait user d’effets poétiques et lyriques, d’emphase et de grandiloquence, c’est tout l’inverse. Le vers est bref, clair, sobre, pour dire l’émotion contenue, la langue est celle d’un quotidien économe de mots, et c’est, justement, de cette économie et de cette pudeur retenue que naissent la justesse des images et la puissance du poème. Ces intimes blessures béantes, Maram al-Masri les recouvre avec délicatesse d’un voile de tendresse et les soigne d’une caresse d’amour, car, même dans le manque et la douleur, c’est bien l’amour que dit la poète. C’est encore une femme que chante Maram al-Masri dans Par la fontaine de ma bouche , une femme aimée d’un amour charnel. Il n’est question ici que de corps à corps, de caresses, de passion et d’émotion, d’érotisme enfin. Ce sont les chants d’amour du Cantique des cantiques glorifiant le ventre, les seins, le sexe, exaltant le désir, le plaisir et la jouissance. Maram al-Masri nous parlerait-elle des amours saphiques et, de la fontaine de sa bouche, seraient-ce les mots de Lesbos qui couleraient ? Oui, à condition d’entendre que c’est avec La Poésie que Maram al-Masri fait l’amour. Oui, si l’on comprend qu’elle se donne tout entière à la poésie en même temps que la poésie s’incarne en elle et par elle, dans une relation égalitaire. Sapho, oui, plutôt qu’Ishtar ou Shéhérazade, auxquelles elle se réfère pourtant, ou plus exactement une Louise Labé de la modernité, renouant avec le lyrisme incandescent de la poète de l’Antiquité et, comme elles deux, nous rappelant que la poésie est féminine.

Alain-Jacques Lacot

>Bernard Fournier consacre une belle note de lecture au recueil  Où nos ombres s’épousent dans le numéro d’avril 2011 de la revue littéraire Europe (n°984) :

« Il est toujours agréable de saluer un nouveau poète, jeune surtout, « ni un poète maudit ni un homme en exil » comme le signale l’éditeur en couverture. (Jetons un œil sur son blog, il écrit tous les jours). Celui-ci souligne l’héritage de Claude Vigée et de Guillevic, car il faut bien des pères en poésie comme ailleurs. Mais Stéphane a bien sa voix propre, et forte et sensible : « J’ai juste perdu/ celle que j’aimais ». Ce livre est né d’un deuil que le désespoir assomme : « Vouloir que tout ressemble/ au vide que l’on porte », et le vocabulaire se fait parois brusque : « larmes retenues/ on y crève d’être seul ». Mais quand on est poète, la douleur s’agrippe sur les mots, et grâce à eux, on revit : « Je t’avais promis/ une caresse chaque soir/ désormais, ce sera un poème ». L’écriture sauve. Alors ce chant de deuil devient un chant de vie. Le poète sait la nécessité de « Maintenir le serment […] / Et déplacer les dunes/ par la seule ambition/ de se relier ensemble ». Il faut « tenir le rendez-vous », nous dit-il. Car il ne s’agit pas d’oublier, il ne s’agit pas de renier le passé, il s’agit de vivre avec le souvenir : « Ni tourner la page/ ni changer de route/ Poursuivre ». Le poète se lance dans la vie :« Je prends le risque de la foule ». On le voit, cette poésie est d’une grande efficacité: langage simple, images réduites, mais une grande sensibilité, à fleur de peau s’offre à l’orée de nous. Gageons que nous réentendrons ce jeune et nouveau poète bientôt. Nous l’espérons. Il nous fera du bien. »

> Un très bel article de Pascal Ruffenach dans La Croix du 23 mars sur Le journal de Susanna Moodie de Margaret Atwood.

La poésie comme terre d’accueil La grande romancière canadienne a composé un recueil de poésie lumineux et délicat à partir du personnage réel de Susanna Moodie, une pionnière du XIXe siècle venue au Québec depuis l’AngleterreLE JOURNAL DE SUSANNA MOODIE de Margaret Atwood traduit de l’anglais (Canada) par Christine Evain, Éd. Bruno doucey, 120 p., 15 €

Susanna Moodie est une vraie femme, en chair et en os, l’une de ces nombreuses émigrantes britanniques débar- quée au Canada dans la première moitié du XIXe siècle. Elle a publié pour tous ceux qui pouvaient être tentés par l’aventure une sorte de guide de l’émigrant loin des clichés, montrant la violence du climat, des paysages et bien souvent des hommes. Margaret Atwood, célèbre romancière et poétesse canadienne contemporaine, a publié dans les années 1970 un magnifique Journal de Susanna Moodie composé de poèmes qui scandent en une épopée mi-réelle, mi-imaginaire la vie de l’émigrante depuis son arrivée à Québec par le Saint-Laurent jusqu’à ses dernières visions qui nous parviennent d’elle bien après sa mort ! Ce Journal de Susanna Moodie qui vient d’être heureusement traduit et publié en français raconte le choc de l’étranger, l’indifférence d’un monde qui n’est pas notre berceau, un pays où « l’eau mouvante refuse de me renvoyer mon reflet… Les rochers ignorent… Je suis un mot dans une langue étrangère ». La Susanna Moodie du long poème d’Atwood nous dit cette solitude des émigrés : « Nous sommes entrés dans une vaste obscurité./ C’est dans notre propre ignorance / que nous sommes entrés », une solitude amplifiée par l’hostilité de ceux qui sont déjà là : « Retourne d’où tu viens / J’ai serré les dents ; J’ai su que l’Angleterre / était maintenant hors d’atteinte, qu’elle avait sombré / dans la mer. » Lentement, au fil de ce poème qui traverse des épreuves terribles, la mort de son jeune fils – « Lui qui naviguait avec succès / sur la rivière de sa propre naissance / se lança une fois de plus / dans un voyage de découverte / de la terre sur laquelle je flottais / mais que je ne pouvais toucher pour faire mienne » –, la vision de la haine –« Résiste au son des tambours / éventrés. Fais cesser cela. Deviens humain » –, Susanna Moodie devient une femme qui déborde sa propre existence.Elle est cette conscience qui raconte un pays où la nature est une énigme – « Le paysage disait quelque chose / mais je ne pouvais entendre » –, une carte qui nous sert à déchiffrer nos vies, une projection de nos existences – « Au jour du jugement / dernier nous serons tous des arbres ». Et cette conscience, même morte, vient encore hanter les vivants pour leur dire qu’ils sont à jamais des émi- grants – « En ce moment, la neige / ne t’est pas plus familière / qu’elle ne l’était pour moi » –, que leur place est incertaine, provisoire, inexistante – « Tourne-toi, regarde à terre:/il n’y a pas de ville;/ceci est le cœur d’une forêt / ta place est vide ». Susanna Moodie continue de veiller sur les humains.

Pascal Ruffenach

> Une critique de Terre de Femmes dans L’Orient Littéraire par Ritta Badourra

Poème-magma des Haïtiennes
Terre de femmes est la première anthologie, publiée hors d’Haïti, portant sur la poésie féminine haïtienne d’expression française : les poèmes, d’une liberté déroutante, sont en flammes d’histoire et d’exils, et couvent, bien que quasiment tous écrits avant 2010, une prescience affinée de la catastrophe et de la douleur corollaire.
Par Ritta BADDOURA
2011 – 02

Bruno Doucey a travaillé à la préparation de cette anthologie, la première de ses éditions, bien avant que le séisme n’explose Haïti le 12 janvier 2010. Admirateur et ami de divers poètes haïtiens, l’éditeur nourrissait le désir de porter les vers des femmes haïtiennes jusqu’aux pages du livre. À l’heure où nombre de féministes se targuent de clamer qu’il n’y a pas plus de femme que d’homme en littérature et qu’il serait discriminatoire de consacrer une œuvre à un genre en particulier, l’éditeur oppose que la réelle discrimination est celle qui continue d’ôter toute reconnaissance littéraire aux femmes, d’abolir leur carrière artistique au nom de responsabilités familiales et de distinguer les grands écrivains des « femmes qui écrivent ».
« Je ne suis pas un poète du dictionnaire/ (…) Je ne suis pas un poète de l’opportunité/ (…) je marche et je chante/ je pleure je ris je t’attends/ toi qui me cherches partout ou qui t’inventes/ tant de bains d’érotisme de quoi meubler/ ta frustration et tes misères dorées/ je ne suis pas un poète figuré/ je ne suis pas un poète-meuble. »
J. Beaugé-Rosier
Terre de femmes présente en cinq parties des poèmes tracés de la fin du XIXe siècle à nos jours, par trente-cinq femmes haïtiennes vivant en Haïti, en France ou en Amérique du Nord et écrivant en français, ce choix écartant la poésie haïtienne d’expression créole ou anglaise. Existences remuées par les exils, leurs voix disent la quête d’un lieu où se sentir chez soi, un lieu qui ne coïncide plus désormais ni avec la terre d’accueil ni avec la terre d’origine. Les rapports entre la langue et la chair, l’espace et le poème, l’histoire et le vécu intime, s’en trouvent plus extrêmes, à fleur de peau. Le parcours chronologique adopté par l’éditeur accentue le relief des remous de l’histoire provoquant retraits, brisures ou chants dans la mémoire meurtrie du corps et du poème. « La littérature haïtienne est au bouche à bouche avec l’histoire », écrit René Depestre. Ainsi, de la proclamation de l’indépendance d’Haïti en 1804 à l’occupation américaine du début du XXe siècle, du départ des Américains à l’arrivée de Duvalier au pouvoir en 1957 et ce jusqu’à la fin des années de dictature, les écrivains haïtiens s’activent, œuvrent, réfléchissent, militent et sont mouvements vitaux de rébellion et de création.
« Pisser/ Ma mémoire/ en fond de culotte. »
F-M. Lhérisson
« Les murs sont si proches quand ils n’ont pas d’ouverture. Ce ne sont pas des abris : ils se tendent les bras l’un à l’autre, prêts à s’étreindre et à m’écraser. (…) Je cherche les chemins d’une ville transitoire où mourir serait possible. »
S. Martelly
Portées par une vigilance aiguë, les poètes haïtiennes se sont mobilisées tout au long du XXe siècle pour l’avenir de leur pays : les questions d’éducation, de santé publique, de droits sociaux et politiques ont motivé leur quête et inspiré leur création. Grand nombre de ces femmes ont écrit, parfois même publié, très jeunes, presque au sortir de l’adolescence et dans la fraîcheur des vingt ans. Leur écriture a alors connu de dures épreuves, les poèmes demeurant longtemps non publiés et inédits, leur plume se détournant souvent de la poésie pour passer au roman ou au silence. Et pourtant, pour chacune des poètes publiées dans Terre de femmes, « la poésie est (ou a été, à un moment donné de leur vie) une urgence », souligne Doucey.
« La langue de ma mère/ se tord en ma bouche/ attise la brûlure/ à l’œil nu/ métallique/ conte nocturne/ ses chants de volaille/ ne se mangent/ que par la bouche coloniale. »
M. Jassinthe
Si toutes les poètes qu’on découvre dans Terre de femmes ne contribuent pas à ce que la poésie haïtienne s’irrigue d’une veine novatrice, toutes disent justement et subtilement le rapport de l’être à l’autre. Si toutes ont fait plutôt dans l’intimisme que dans l’abondance des publications, l’œuvre de certaines d’entre elles altère les lignes du paysage poétique dessiné par leurs contemporains. Certaines, ce n’est jamais le cas de la majorité quelle que soit la littérature, écrivent à coups d’incisives, injectent la langue de saveurs et de rythmes indicibles, jouissent d’une liberté vaste de penser et de dire, je cite : Jacqueline Beaugé-Rosier, Janine Tavernier, Yanick Jean, Marlène Rigaud Apollon, Michèle Voltaire Marcelin, et parmi les voix plus nouvelles Judith Pointejour, Farah-Martine Lhérisson, Stéphane Martelly, Kerline Devise et Murielle Jassinthe. Il y a, dans la poésie des Haïtiennes, du désir qui réveille les volcans et prépare aux débordements climatiques. Nulle fausse pudeur, nul déguisement, rien que des mots au sang chaud, félins prêts à bondir, plantes carnivores et luxuriance des paysages végétaux et organiques. Ces mots attendent les marques de la bouche. Le corps est là en ses couches visibles et invisibles, corps-plaie et corps-fleur : tendu, parlant, autonome, pratiqué, fêlé, concentré d’émotions et de pensées devenues pétales de parole.
« L’après-midi flambe à travers la fenêtre/ à l’heure de la sieste/ il est interdit de parler au poète/ do not disturb/ (…) jusqu’au mois d’août/ because je suis in the bed/ avec des mots/ des mots sans pieds ni tête. »
M. Voltaire Marcelin
« Pendant que tu dormais/ Je creusais des îles sur ton ventre/ Ton sommeil était si excitant/ Que je suis arrivée par l’arrière/ C’était la route du lendemain. »
K. Devise

> Stéphane Bataillon sur France Culture autour du recueil « Où nos ombres s’épousent »

Samedi 19 février 2011, sur France Culture, Stéphane Bataillon était l’invité de Sophie Nauleau dans le cadre de son émission « Ça rime à quoi » pour un entretien chaleureux autour de son recueil «Où nos ombres s’épousent ». Plus d’informations sur le site de « Ça rime à quoi » et écoutez l’émission sur le site de l’auteur.

> Un article dans la revue « L’Arbre à paroles » sur le recueil de Jeanine Baude

Non pas la pierre noire de la Kaaba, lieu saint de l’islam, à La Mecque. Peut-être le caillou dans la chaussure du marcheur ou ce galet que l’on roule dans sa poche comme un talisman. Ou, tout simplement, un mauvais, très mauvais moment à passer, de ceux qu’on ne marquera pas d’une pierre… blanche. Dédié à André Chedid, ce recueil – écrit bruno Doucey qui a en quelque sorte pris le relais des éditions Seghers – « est l’évocation âpre, souvent violente, d’une expérience des limites » : « Celle qui a conduit l’auteur de ces pages, des ténèbres à la lumière, de la mort à la renaissance, de la démesure à l’acceptation confiante du quotidien ». Trois parties. Et si références religieuses il y a, c’est du côté des évangiles, le vendredi et le samedi saints tels qu’ils s pratiquent en Provence (Jeanine y est née : dans les Alpilles). Dès la première, des lueurs dans le noir, « offrant un seuil à la possibilité du souffle » : « ouvrant les persiennes, j’en appelle / à la femme / à l’éternité / aux larmes ». Si la troisième signifie l’apaisement et la résurrection, c’est dans un monde où « l’effroi se multiplie », mais c’est aussi, et surtout, « une page tournée emplie de mots de signes et d’étoiles brossés à la cire », il faut désormais « écrire au quotidien la pâleur du silence sur l’aube et son feu », « boire au poème la saveur et la plaie / voyelles et consonnes s’épaulant quand tu écris / ce je qui arbore ton vivre ». Il faut avoir connu le désespoir pour construire l’espoir.

Francis Chenot, « Lectures », in La revue L’Arbre à paroles, « Poètes Catalans », Automne 2010.

> Le quotidien « La Croix » chronique Où nos ombres s’épousent de Stéphane Bataillon

Le quotidien « La Croix » consacre une belle critique au recueil « Où nos ombres s’épousent » dans son cahier Livres & Idées du jeudi 4 novembre 2010 :

Le « lyrisme des sources » de Stéphane Bataillon

Stéphane Bataillon publie un recueil magnifique et ambitieux où le
deuil et l’amour cheminent au milieu des mots

Où nos ombres s’épousent de Stéphane Bataillon
Éditions Bruno Doucey, 94 p., 10 €

S’il ne fallait lire qu’un recueil de poésie cet automne, ce pourrait bien être celui-ci… Certes, son auteur n’est ni un slameur branché, ni une grande figure de la poésie contemporaine, ni même un nouveau génie des mots. D’ailleurs, rien, chez Stéphane Bataillon, ne correspond à l’idée fantasque et un brin égocentrique qu’on peut se faire – parfois à juste titre – des poètes. Loin de tout tapage, ce jeune auteur de 35 ans, rédacteur en chef du site bayardKids (groupe Bayard), et collaborateur régulier du cahier « Livres et idées » de La Croix, signe avec ce petit livre très réussi son entrée en littérature dans la plus grande discrétion. Il faudra pourtant désormais compter avec cette voix singulière et ténue, qui n’est pas sans évoquer Guillevic, ou Claude Vigée. Même si le jeu des comparaisons est toujours risqué. Surtout en poésie.

À l’origine de cette œuvre, un deuil. Stéphane a perdu un être cher, à l’âge où l’idée de la mort semble habituellement lointaine, voire hors de propos. Épreuve relatée, dès les premiers vers, avec une sobriété bouleversante, une économie de mots qui semble être la marque de fabrique de ce jeune auteur : « Je n’ai pas la douleur/Je n’ai pas le besoin/et je n’ai pas l’exil//J’ai juste perdu/celle que j’aimais. » Dès lors, l’écriture s’impose à lui comme un chemin de guérison, la seule voie possible pour conjurer l’absence. Même dans les pires moments, le poète s’accroche à cet instinct de vie qu’il pressent en lui-même, sans parvenir à l’exprimer : « Bien sûr, l’asphyxie/Bien sûr, le pourquoi/crier sans voix au fond de l’ombre//Mais quelque chose/qui nous dit d’attendre//Que nous devrons nommer/Quelque chose de simple. » La simplicité : c’est sans doute la grande force de ce recueil qui se lit d’un seul trait, comme un journal intime, et qui fait mouche par l’universalité de son propos, son authenticité et sa modestie. Jamais le poète ne prend la pause, ne cherche à extorquer une larme facile.

En explorant ses profondeurs, attentif à la lumière qui, tôt ou tard, doit rejaillir, Stéphane Bataillon livre un témoignage exemplaire de combativité et d’optimisme : « Refuser en silence/tous ceux de votre camp/qui ne pensent qu’à venger// Raviver face à vous/les forges de l’enfance// Cette ancienne certitude/qu’il faut se relever. »

Au fil des pages, par la seule force de la poésie, la vie reprend peu à peu ses droits. On sent bientôt se dessiner « un jardin/où chaque pierre/aurait sa place// où le chaos/saurait se tenir », comme il le dit dans un stupéfiant raccourci.

Impeccablement servi par l’éditeur Bruno Doucey, naguère aux commandes des prestigieuses Éditions Seghers, le poète anime aussi un blog (1), sur lequel il vient de publier un manifeste pour un « lyrisme des sources », un lyrisme qui, dit-il, « ne refuserait aucune des expériences ni aucune des routes, sensibles ou spirituelles, mais qui privilégierait une certaine clarté. Pour former doucement une image nouvelle, lisible. Celle d’un monde qui se dirait tout bas, avec ces mots de tous les jours. »

L’intention résume assez bien la démarche de Stéphane Bataillon, qui n’a pas son pareil pour exprimer les joies simples et vraies de celui qui a su traverser son propre désert : « La plus belle conquête/est histoire d’instants// Un flagrant délit d’être. »

FRANÇOIS-XAVIER MAIGRE

(1) http://www.stephanebataillon.com

> Un article dans La Dépêche du midi sur le concert de Paco Ibanez avec Bruno Doucey en première partie

Un article sur LaDépêche.fr concernant le concert donné par Paco Ibanez le 16 octobre à Monclar et où Bruno Doucey a lu, en première partie, l’intégrale de son « Oratorio pour Federico Garcia Lorca » (inclus dans le premier coffret des Éditions Bruno Doucey) .

> « Le Monde des Livres » chronique Où nos ombres s’épousent de Stéphane Bataillon

Monique Petillon a consacré une chronique au recueil Où nos ombres s’épousent dans l’édition du Monde des Livres datée du vendredi 15 octobre 2010 :

“ Lecteur de Guillevic, Stéphane Bataillon (né en 1975) a présenté une anthologie de Poésie de langue française, 144 poètes d’aujourd’hui autour du monde, (Seghers, 2008), avec Sylvestre Clancier et Bruno Doucey. Il inaugure aujourd’hui la collection » Jeunes plumes » dans les éditions fondées récemment par ce dernier, avec son premier recueil, Où nos ombres s’épousent. Des poèmes lumineux, comme si un deuil, évoqué avec discrétion, rendait plus vif le « flagrant délit d’être », l’attention aux vivants et aux paysages. « Mon grand père m’a transmis/un calme malicieux/celui de ce pays/qui fait partie de moi/sans autre prétention/celui que le vent mène/bien au-delà du temps/de l’exil et de l’ombre/Celui que me rappelle/ce frisson dans tes yeux/Comme si d’ordinaire ». Monique Petillon

> Le site de la revue Décharge chronique Juste une pierre noire de Jeanine Baude

Sur le site de la revue Décharge, Claude Vercey consacre un article à « Juste une pierre noire », le recueil de Jeanine Baude paru aux Éditions Bruno Doucey dans la collection Soleil noir. http://www.dechargelarevue.com/id/index.php?action=motscles&quoi=Beaude&incat=ID

> Les Éditions Bruno Doucey sur le CBS News Magazine de juin

Pour une poésie engagée, tel est le titre de l’article consacré à la naissance des Éditions Bruno Doucey dans le numéro de juin de BSC NEWS Magazine. Pour retrouver l’intégralité de cette très longue interview réalisée par Maïa Brami, suivez ce lien http://www.wobook.com/WBBu3Qz9aM0r/BSC-NEWS-MAGAZINE/BSC-NEWS-Magazine-JUIN-2010-SPECIAL-USA.html et allez à la page 79.

> Les Éditions Bruno Doucey déjà sur France Inter

Dans l’émission Noctiluques animée par Brigitte Kernel du 26 avril dernier, Bruno Doucey et Murielle Szac ont annoncé la naissance des éditions et présenté les quatre premiers recueils. Pour écouter cette émission, cliquez sur le lien ci-dessous :

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/noctiluque/archives.php

> Un article dans le Livres-hebdo du 14 mai 2010 : Doucey en poésie

Directeur de Seghers de 2003 à 2009, Bruno Doucey lance sa maison d’édition entièrement vouée à la poésie contemporaine, qu’il définit comme un acte « militant, pour poursuivre à [sa] manière le combat mené au sein des éditions Seghers ». L’Irakien Salah Al Hamdani, l’Haïtien James Noël, et Oscar Mandel (qui écrit alternativement en français et en anglais) inaugurent la collection « L’autre langue », réservée à ces « étranges étrangers qui font le choix d’écrire en français ». Tandis que Jeanine Baude s’inscrit en « Soleil noir », réservée aux « poètes qui cherchent une lumière au plus sombre de la nuit ». Les 4 recueils paraissent le 27 mai. Ils seront lancés à la même date à la maison du 2e arrondissement parisien, puis présentés au Marché de la poésie du 17 au 20 juin. La maison a son site : www.editions-brunodoucey.com

Claude Combet
in « Les Métiers », Livres Hebdo, n° du 14/05/2010

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