Catégories
À la une Parutions

Dis-moi, ma vie

L’auteur : Pierre Seghers
Préface de Bruno Doucey

En librairie le 3 janvier 2019

Le mot de l’éditeur : D’où vient la joie que j’éprouve à publier Dis-moi, ma vie ? D’abord, d’une promesse tenue : celle de faire revivre un livre que Pierre Seghers avait publié en Belgique en 1972 et qui était passé trop inaperçu en France. Ensuite, du sentiment de cheminer, par-delà l’espace et le temps, sur les traces d’un poète-éditeur « fou, fou, fou de poésie ». Dans ces pages somptueuses, Seghers se livre à un méticuleux travail d’introspection, s’adressant à sa vie, cette « émigrée » proche et lointaine, cette promise qu’il a « tenue dans [ses] mains d’homme ». Le fleuve de ses mots traverse les paysages de la mémoire, longe les gouffres d’un parcours qui connut souvent des heures sombres, retrouve les points cardinaux d’une existence entièrement vouée à la poésie. Et l’on ressort de ce livre avec le sentiment d’avoir désormais un ami de plus sur la terre.

Extrait :

« Je suis celui
d’un seul moment qui durera toute la vie
Éclair, éclat, le miroitement d’un instant
Un ricochet sur une autre peau,
le rebond d’un galet qu’emporte
un torrent, le temps des lèvres sur le temps. »

Collection : En résistance

Pages : 80
Prix : 14 €
ISBN :  978-2-36229-201-9

 

Catégories
À la une

C’en est trop

L’auteur : Hermann Hesse
Édition bilingue allemand/français, traduction de François Mathieu
Postface de François Mathieu

En librairie le 17 janvier 2019

Le mot de l’éditeur : Hermann Hesse n’est pas seulement l’auteur de romans mondialement connus. Il a aussi livré une œuvre poétique majeure que cette publication nous invite à (re)découvrir. Les textes de jeunesse témoignent de sa difficulté à vivre et de sa révolte contre un milieu familial piétiste. Puis viennent la dénonciation des ravages de la Première Guerre mondiale et l’évocation du mal fait aux hommes. En fait, l’existence entière entre dans les poèmes de cet homme : les crises personnelles et le suivi psychothérapique, la peinture et la beauté du monde, l’exil et le rejet du nazisme, les voyages en Inde, l’amour et ses déchirements… En 70 ans d’écriture, le poète s’est mis à nu pour montrer le quotidien d’un homme, ses joies et ses peines, ses révoltes, son désir profond d’un monde meilleur.

Extrait :

« Je jette mes vieux bâtons de randonnée
Dans l’herbe mouillée,
C’est à crever,
J’en ai les larmes aux yeux.
De nouveau, il faut que je parte,

[…]

Je crache en silence dans un buisson,
Vous tous qu’il me faut servir, c’en est trop,
Ministres, excellences, généraux,
Que le diable vous emporte ! »

Collection : En résistance

Pages : 192
Prix : 17 €
ISBN :  978-2-36229-199-9

 

Catégories
Non classé

Discours de Nassuf Djailani

À l’occasion de la remise du prix Fetkann ! Maryse Condé – catégorie poésie 2020, pour son recueil Naître ici.

Mesdames, messieurs

D’abord mon bonjour fraternel à tous à qui j’exprime mes plus vifs remerciements, profond respect et infini reconnaissance pour ce choix que je ne suis pas censé célébrer tant que vous n’en aurez pas fait la déclaration publique.

Il doit être aux alentours de 9h45 heure de Paris.

Puisqu’au moment de lire ces mots vous aurez sans doute délibéré, je tiens à vous dire que mon éditeur M. Bruno Doucey est mon meilleur avocat, il le sera j’en suis certain auprès de vous, auprès de votre prestigieuse organisation.

Je suis fier et honoré d’avoir été désigné comme lauréat du Prix Fetkann dans la catégorie Poésie. Sachez mais vous le savez peut-être déjà que Fetkann est une contraction d’une phrase qui résonne à mon oreille et a des ramifications jusque loin dans mes fibres. Je suis natif de la petite île de Mayotte voisine de la grande île de Madagascar et de la Réunion, des Comores, du Mozambique, juste en face de chez moi, de l’Inde plus haut. L’histoire et l’esclavage sont le dénominateur commun de notre espace. Nous sommes les peuples de la mer.

Je suis enfant du divers et du multiple. Je crois que je suis bien auprès de vous maintenant, car je crois que c’est l’esprit et la lettre de ce si beau prix Fetkann Maryse Condé.

J’ai une affection sans borne pour Maryse Condé, pour son œuvre dense, puissante, belle, exigeante. En toute humilité, l’idée de voir mon nom côtoyer le sien est source d’une grande joie. C’est à l’image d’une main délicate sur la tête du petit enfant qui s’approche de sa mère, pour un peu d’apaisement.

L’écriture est une longue traversée sur le chemin de la vie, et rencontrer des lecteurs est la plus grande et la plus belle des récompenses. Vous avoir convaincu, vous, cher jury, c’est savoir qu’il y a un petit peu de place parmi vous pour ce petit pays déchiré qui est le mien, Mayotte.

Vous savez, un mystère entoure ce nom énigmatique qu’est Mayotte. Ce mot viendrait de l’arabe Al juzuru limaote, l’île de la mort, en référence aux nombreux bateaux des pirates qui s’échouaient aux larges à cause de la barrière de corail, qui rendait l’île difficilement prenable. Ne frémissez pas, il n’y a plus de cannibale chez nous – quoi que. Ceux qui viennent nous visiter sont des frères et il y a toujours du thé pour le passant.

Entrez, asseyez-vous, vous êtes de la famille.

Naître ici a aussi ses racines en Guadeloupe si chère à Maryse Condé. Le recueil a germé à la fondation Saint John Perse à Aix en Provence, avant de trouver refuge dans cette belle maison Bruno Doucey à Paris. Nos pays sont des radeaux qui voyagent. Perse vous le savez est né à l’Ilet feuille que vous connaissez bien. Je suis donc heureux et honoré d’être l’un de vos jeunes frères, amis en humanité.

Merci

respectueusement

Nassuf Djailani

Catégories
À la une À paraître Parutions

La baie vitrée

L’auteur : Yvon Le Men

En librairie le 4 février 2021

Le mot de l’éditeur : N’avoir nulle part où aller sauf à l’intérieur de soi… Être assigné à résidence avec des livres pour seuls compagnons… Regarder le monde à travers une vitre en se demandant si le temps ne s’est pas arrêté… Telle est la situation évoquée par Yvon Le Men dans La baie vitrée. Le poète est enfermé à son domicile, seul et relié aux autres, à l’écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d’oiseau qui l’apaisent. Il lit et écrit. Écoute et observe. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots de l’écrivain découpent alors des morceaux de ciel pour les oiseaux en cage. Des mots qui ouvrent portes et fenêtres, conjurent l’absence et invitent des hôtes essentiels à sa table de silence. Avec La baie vitrée, le poète a écrit le livre du réenchantement dont nous avons besoin. Jamais la poésie ne lui est apparue si nécessaire.

Extrait :

« Quand l’humanité reviendra
les hommes et les femmes
corps et âmes touchés
caressés embrassés
mélangés partagés

traversés comme on traverse un pont
entre des bras »

Collection : Soleil noir

Pages : 160
Prix : 16 €
ISBN :  978-2-36229-346-7