Peintre née en 1961, Mylène Besson vit à Chambéry où elle travaille avec toutes sortes de matériaux dans une exploration ardente de la présence charnelle et du sentiment d’être au monde. Elle a réalisé à ce jour plus de 80 livres d’artistes, notamment avec Michel Butor, Frédéric Jacques Temple ou Bernard Noël.Ses peintures viennent illustrer les poèmes de Michel Ménaché dans le recueil Couleur des larmes, publié par les Éditions Bruno Doucey en 2017.


À découvrir :

 

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Auteur : Didier Daeninckx

Parution : le 21 mai 2015

L’histoire : 1943, asile de fous de Saint-Alban en Lozère. Deux psychiatres organisent la résistance à l’embrigadement des fous et à leur négation. L’un, Tosquelles, a fui l’Espagne franquiste ; l’autre, Bonnafé, communiste, est un ami des surréalistes. Ils cachent les résistants blessés de la région. Ils y accueillent une jeune fille juive résistante, Denise Glaser, en même temps que le poète Paul Éluard et sa compagne Nusch. Éluard y passe huit mois, avec cette double menace de l’enfermement des êtres et de l’enfermement du monde dans la barbarie, cette double résistance à la normalité et à la folie. Dans cet hôpital, où l’on favorise le surgissement de ce que l’on nommera plus tard l’art brut, le poète-résistant découvre, sous le regard fasciné de Denise, comment la parole des « fous » garantit la parole des poètes. Une plongée vertigineuse à laquelle nous convie Didier Daeninckx.

Extrait :

« Elle s’était levée au moment où l’ambulance Ford manoeuvrait pour se garer sur la place, le faisceau des phares balayant la façade de grès. Elle était montée sur un banc pour apercevoir le médecin et le photographe qui se dirigeaient vers l’arrière du véhicule, leurs pas imprimés dans le tapis blanc qui déjà recouvrait le gravier. Une jeune femme en était sortie la première, le visage encadré par une épaisse chevelure noire, enveloppée dans une ample cape, puis un homme vêtu d’un pardessus croisé, les traits obscurcis par l’ombre portée de son chapeau, était apparu. Il s’était légèrement incliné pour allumer une cigarette, et la flamme vacillante avait éclairé un regard curieux, presque inquiet, celui que l’on promène sur ces endroits inconnus où l’on arrive sans les avoir choisis. »

 Collection  Sur le Fil dirigée par Murielle Szac
Des romans où le destin d’un poète croise la grande Histoire

Pages : 128
Prix  : 14,50 €
ISBN : 978-2-36229-084-8

Revue de presse

 

MaxJacob_72dpiROMAN

Auteur : Bruno Doucey

Parution : le 21 mai 2015

L’histoire :
1943 : Saint-Benoît-sur-Loire. Dans une chambre, un vieux poète juif attend qu’on vienne le chercher. Anticipant son arrestation, Max Jacob noircit les pages d’un petit carnet, racontant avec un humour féroce la folie qui s’est emparée du monde, son inquiétude pour sa soeur déjà déportée, ses angoisses, ses rêves et ses colères. Ce carnet ne le quitte pas en prison et l’accompagne jusqu’à ses dernières heures à Drancy. Il y consigne l’horreur mais aussi l’humanité des rencontres au camp. C’est en poète qu’il vit chaque instant et nous donne à voir un univers où la folie s’est emparée des hommes. Un univers où la poésie se transmet comme seule étincelle de vie contre la barbarie. Ce faux journal résonne avec une justesse bouleversante et nous tient en haleine de bout en bout.

Extrait :

«• Hypothèse n°1 : on ne me tolère ce carnet que parce qu’il est jaune. Si le tissu vient à manquer pour l’étiquette, on pourra toujours y découper des étoiles et les coller sur la poitrine des Juifs que l’on amène ici.
• Hypothèse n°2 : les Allemands ont un goût très prononcé pour l’humour jaune.
– En connaissez-vous la raison, mademoiselle ?
– Pas le moins du monde.
– Regardez autour de vous, réfléchissez.
– Je sais ce qu’est l’humour noir, monsieur Jacob, mais l’humour jaune, non, vraiment, je ne vois pas.
– Eh bien, les SS n’aiment-ils pas voir les Juifs se faire de la bile ? Si mon carnet était rouge, on me l’aurait déjà confisqué.
• Hypothèse 3 : Un vieux poète griffonne dans son coin. Et alors ? Empêche-t-on le phtisique de tousser ? Le galeux de se gratter ? L’aveugle de rester dans le noir ? Pour l’heure, les gendarmes ont bien d’autres chats à fouetter. Mais quand viendra mon tour, on m’arrachera ce carnet des mains et on le jettera dans la première poubelle venue.»

Collection  Sur le Fil dirigée par Murielle Szac
Des romans où le destin d’un poète croise la grande Histoire

Pages : 184
Prix  : 15,50 €
ISBN : 978-2-36229-083-1

 

Déwé Gorodé est née en 1949 dans la tribu kanak de Pwârâïriwâ. Militante de la cause indépendantiste, longtemps vice-présidente du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, poète et romancière, elle est l’une des voix de femmes les plus entendues en Océanie. La puissance de sa langue et l’acuité de son regard n’épargnent aucun des travers de la société post-coloniale qui l’entoure, ni le sort fait aux femmes. Elle signe aux Éditions Bruno Doucey en septembre 2016 un ouvrage à quatre mains avec Imasango, Se donner le pays, paroles jumelles.


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