MaxJacob_72dpiROMAN

Auteur : Bruno Doucey

Parution : le 21 mai 2015

L’histoire :
1943 : Saint-Benoît-sur-Loire. Dans une chambre, un vieux poète juif attend qu’on vienne le chercher. Anticipant son arrestation, Max Jacob noircit les pages d’un petit carnet, racontant avec un humour féroce la folie qui s’est emparée du monde, son inquiétude pour sa soeur déjà déportée, ses angoisses, ses rêves et ses colères. Ce carnet ne le quitte pas en prison et l’accompagne jusqu’à ses dernières heures à Drancy. Il y consigne l’horreur mais aussi l’humanité des rencontres au camp. C’est en poète qu’il vit chaque instant et nous donne à voir un univers où la folie s’est emparée des hommes. Un univers où la poésie se transmet comme seule étincelle de vie contre la barbarie. Ce faux journal résonne avec une justesse bouleversante et nous tient en haleine de bout en bout.

Extrait :

«• Hypothèse n°1 : on ne me tolère ce carnet que parce qu’il est jaune. Si le tissu vient à manquer pour l’étiquette, on pourra toujours y découper des étoiles et les coller sur la poitrine des Juifs que l’on amène ici.
• Hypothèse n°2 : les Allemands ont un goût très prononcé pour l’humour jaune.
– En connaissez-vous la raison, mademoiselle ?
– Pas le moins du monde.
– Regardez autour de vous, réfléchissez.
– Je sais ce qu’est l’humour noir, monsieur Jacob, mais l’humour jaune, non, vraiment, je ne vois pas.
– Eh bien, les SS n’aiment-ils pas voir les Juifs se faire de la bile ? Si mon carnet était rouge, on me l’aurait déjà confisqué.
• Hypothèse 3 : Un vieux poète griffonne dans son coin. Et alors ? Empêche-t-on le phtisique de tousser ? Le galeux de se gratter ? L’aveugle de rester dans le noir ? Pour l’heure, les gendarmes ont bien d’autres chats à fouetter. Mais quand viendra mon tour, on m’arrachera ce carnet des mains et on le jettera dans la première poubelle venue.»

Collection  Sur le Fil dirigée par Murielle Szac
Des romans où le destin d’un poète croise la grande Histoire

Pages : 184
Prix  : 15,50 €
ISBN : 978-2-36229-083-1

 

Déwé Gorodé est née en 1949 dans la tribu kanak de Pwârâïriwâ. Militante de la cause indépendantiste, longtemps vice-présidente du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, poète et romancière, elle est l’une des voix de femmes les plus entendues en Océanie. La puissance de sa langue et l’acuité de son regard n’épargnent aucun des travers de la société post-coloniale qui l’entoure, ni le sort fait aux femmes. Elle signe aux Éditions Bruno Doucey en septembre 2016 un ouvrage à quatre mains avec Imasango, Se donner le pays, paroles jumelles.


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La femme dans le soleil_72dpiAuteur : Breyten Breytenbach

Traduit de l’afrikaans
par Georges-Marie Lory
Préface de Georges-Marie Lory

Parution : le 2 avril 2015

Le mot de l’éditeur : À vingt ans, je militais pour la libération de Breyten Breytenbach ; me voici aujourd’hui l’éditeur de ses poèmes, heureuse surprise de la vie. La vie, c’est d’ailleurs elle que chante La femme dans le soleil, itinéraire poétique d’un homme que l’histoire a changé en oiseau migrateur. Tout y est : sa survie sous le régime d’apartheid, son goût des terres fauves, la vitalité charnelle de l’amour, l’état d’insurrection dans lequel le laisse l’injustice. Sans oublier ces lieux qu’il arpente avec une énergie créatrice : l’île de Gorée, où fait souvent escale sa voile blanche, Paris sa ville de cœur, l’Eastern Cap que le couchant transforme en « coulée d’or ». Si les frontières lui sont étrangères, c’est que l’exilé est aussi un « oiseau constructeur » qui sait tenir le cap de l’espérance. Par la force magique de son verbe et un sens inné de la résistance, le poète tend vers l’horizon un rêve immense de liberté.

Extrait :

« Très-aimée, je t’envoie une tourterelle vermeille
car personne ne tire sur un messager rouge
Je lance haut dans l’air ma tourterelle vermeille je sais
que tous les chasseurs la prendront pour le soleil »

Collection : Soleil noir

Pages : 112
Prix  : 14,50 €
ISBN : 978-2-36229-082-4

 

© Oumeya El Ouadie

Mireille Fargier-Caruso, née en Ardèche en 1946, aujourd’hui installée à Paris, a enseigné la philosophie, avant de devenir bibliothécaire. Elle est l’auteure de livres d’artistes réalisés avec des plasticiens comme Sarah Wiame ou Chan Ky-Yut, et de recueils de poèmes, parmi lesquels Limites (Le Pont de l’épée, 1984), Même la nuit, persiennes ouvertes (Le Dé Bleu, 1998), Silence à vif (Paupières de terre, 2004) et Ces gestes en écho (Paupières de terre, 2006). En 2015, son recueil Un lent dépaysage est paru aux Éditions Bruno Doucey, suivi, en 2019, de Comme une promesse abandonnée.


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