Anne Waldman est née en 1945. Cette poète et performeuse, qui a grandi à New York où sa famille s’installe dans sa petite enfance, fait partie de ce qu’elle même nomme « une seconde génération beat ». En 1965, elle assiste à la Conférence poétique de Berkeley, en Californie, qui confirme sa vocation d’artiste. Elle rencontre Allen Ginsberg, qui la surnommera sa « femme spirituelle ». Pendant quelques années, elle dirige le Saint Mark’s Poetry Project, église associative de la Bowery, dans le East Village de Manhattan, qui accueillera la quasi totalité des poètes beat et deviendra un lieu essentiel pour la nouvelle poésie expérimentale. En 1974, elle fonde avec Allen Ginsberg la Jack Kerouac School of Disembodied Poetics, à l’Université de Naropa. De cette époque datent ses performances poétiques avec Ted Berrigan sur un ring de boxe, qui sont considérées aujourd’hui comme les prémices du slam contemporain. Son travail d’activiste culturelle et sa pratique du bouddhisme tibétain influenceront profondément son écriture. Pour Anne Waldman, le langage est un acte politique.


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© Suzanne DeChillo

Janine Pommy Vega est née en 1942. La jeune fille qui grandit dans le New Jersey n’a que seize ans quand elle découvre Sur la Route de Jack Kerouac, lecture qui constitue son « baptême beat ». Elle part alors pour Manhattan, dans l’espoir de rencontrer les artistes bohèmes et les écrivains beatniks de l’époque. En 1962, elle s’éprend du peintre péruvien Fernando Vega, qu’elle épouse à Jérusalem, avant d’entreprendre un voyage en Europe. À Paris, elle vend le New York Times dans la rue et travaille comme chanteuse de folk pour essayer de gagner sa vie. Peu après, Fernando meurt à Ibiza d’une overdose d’héroïne. Dévastée, Janine écrit son premier livre, Poèmes à Fernando, publié par City Lights, la mythique maison d’édition qui publie une grande partie des poètes beat. Au début des années 1970, elle vit en ermite sur une île du lac Titicaca, à la frontière entre Pérou et Bolivie, avant de retourner s’installer aux États-Unis. La fin de sa vie se déroule à Willow, petit hameau situé près de Woodstock, dont elle ne s’éloigne que pour faire entendre sa poésie magnétique et engagée, jusqu’à son décès en 2010.


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Née en Angleterre en 1923, Denise Levertov reçoit à la maison l’éducation scolaire que lui prodiguent ses parents, des activistes politiques antifascistes. Chaque pièce de la demeure familiale est remplie de livres et tout le monde – sa mère, son père et les deux filles – écrit. À l’âge de dix ans, elle se sent déjà artiste et croit à son destin. À douze ans, elle envoie quelques-uns de ses poèmes à T.S. Eliot : au lieu de la trouver impertinente, il lui écrit deux pages de conseils et d’encouragements. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est infirmière. Tous les soirs, après son travail à l’hôpital, elle écrit de la poésie et elle publie son premier recueil à l’âge de vingt-trois ans. Elle déménage aux États-Unis, où elle devient essayiste, traductrice et activiste politique. Dans les années 1960, elle participe aux mouvements pacifistes et antinucléaires, n’hésitant pas à mettre sa poésie au service de ses actions. Elle soutient les féministes, les communistes et les jeunes poètes activistes comme Mary Norbert Körte. Pour Denise Levertov la poésie n’est pas une question de forme, mais toujours de contenu et d’expression des sentiments les plus forts. Ses poèmes sont empreints d’engagement et la cause féministe n’est jamais loin. Son aversion pour les drogues et son engagement l’éloignent du cercle restreint des poètes beat et font d’elle une auteure peu connue. Elle est décédée en 1997.


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© Gerard Malanga

Née à Vallejo, en Californie, Joanne Kyger (1934-2017)  est une poète courageuse, qui a soif de voyages et d’aventures. À San Francisco, elle fait partie d’un monde qui goûte aux drogues hallucinogènes, à la méditation et à la vie communautaire des religions orientales. Au début des années 1960, elle quitte le cercle poétique dans lequel elle est déjà célèbre pour débuter une autre vie au Japon. Elle se marie avec le poète Gary Snyder au temple Daitoku-ji à Kyoto, la vie en couple hors mariage étant alors interdite. Mais tandis que les hommes jouissent d’une bonne dose de liberté, les femmes sont contraintes de trouver des modes de survie différents. Celui de Kyger est la vie de famille, la pleine conscience et la dévotion bouddhiste. Sa vie et sa poésie sont marquées par une recherche constante du zen. Dans ses vers chaque mot et chaque signe orthographique ont leur raison d’être. À la fin de sa vie, elle se réjouissait à l’idée de voir quelques-uns de ses poèmes publiés en français dans une anthologie.


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