L'auteur : Carl Norac
Le mot de l'éditeur :
Elle n’est ni lumière vive ni opacité, ni blancheur, ni obscurité, et n’aime rien tant que l’entre-deux, les interstices, les failles –, la lueur. Parce qu’elle est au jour et à la nuit ce que le murmure est à la parole et au silence, la lueur dit une chose et en raconte une autre. Elle traverse les tempêtes dans un vacillement, se faufile entre chien et loup avec la légèreté de l’oiseau, habite le ténu et le frêle, le tremblement et l’incertain. Elle est le royaume des matinaux et des veilleurs, des guetteurs d’espérance et des gardiens de feu, des funambules et des poètes. « Toute lueur ne vit que pour son épiphanie », nous dit Carl Norac. Tout poème ne vit que pour sa lueur, lui répondons-nous. Et l’on ne s’étonnera pas de la voir surgir, étoile scintillante, entre les lignes de ces textes, petites proses impeccables d’une des grandes voix de la poésie de langue française.
Extrait :
« La lueur en moi, c’est parfois comme un chien qui répond grossièrement à la lune et, d’autres fois, un peu de soie échappée des engrenages. La lumière proprement dite n’est qu’un fanal lointain ou ce dé d’écume qui reste après la houle et que certains appellent un poème. »