Autrice : Hala Mohammad
Bilingue arabe/français, traduit de l’arabe (Syrie) par Antoine Jockey
Le mot de l'éditeur :
« Au commencement était la peine. » Que nous disent ces mots aux accents bibliques, rappel des temps anciens où les grands monothéismes de l’Histoire sont nés dans les déserts ? Pour Hala Mohammad, ils disent le tourment de voir un élan de liberté réprimé dans le sang. Ils disent le visage hideux de la dictature, la perte de la terre natale et l’impossibilité physique d’aller voir sa mère qui dort là-bas sous l’olivier. Mais on aurait tort de croire que l’artiste syrienne se complaît dans la peine. Sous sa plume, le sang laisse place aux roses de Damas. Elle retrouve le goût des figues et le chant des oiseaux, la sérénité de son père et la voix de sa mère, le pain chaud de l’enfance, la joie que procure une naissance, les chansons, l’amour. De poème en poème, elle étend sa vie
au soleil sur les cordes à linge de la mémoire.
Extrait :
« Dans l’Histoire
J’appartiendrai à la mère
Dans la géographie
À la langue
Dans les révolutions
À la maison
Dans les victoires
À l’amitié
Dans la vie
À la salutation
Dans l’amour
À la chanson
Et par le sang
À la rose de Damas. »