Couv.D.Daenincks_72dpiROMAN

Auteur : Didier Daeninckx

Parution : le 21 mai 2015

L’histoire : 1943, asile de fous de Saint-Alban en Lozère. Deux psychiatres organisent la résistance à l’embrigadement des fous et à leur négation. L’un, Tosquelles, a fui l’Espagne franquiste ; l’autre, Bonnafé, communiste, est un ami des surréalistes. Ils cachent les résistants blessés de la région. Ils y accueillent une jeune fille juive résistante, Denise Glaser, en même temps que le poète Paul Éluard et sa compagne Nusch. Éluard y passe huit mois, avec cette double menace de l’enfermement des êtres et de l’enfermement du monde dans la barbarie, cette double résistance à la normalité et à la folie. Dans cet hôpital, où l’on favorise le surgissement de ce que l’on nommera plus tard l’art brut, le poète-résistant découvre, sous le regard fasciné de Denise, comment la parole des « fous » garantit la parole des poètes. Une plongée vertigineuse à laquelle nous convie Didier Daeninckx.

Extrait :

« Elle s’était levée au moment où l’ambulance Ford manoeuvrait pour se garer sur la place, le faisceau des phares balayant la façade de grès. Elle était montée sur un banc pour apercevoir le médecin et le photographe qui se dirigeaient vers l’arrière du véhicule, leurs pas imprimés dans le tapis blanc qui déjà recouvrait le gravier. Une jeune femme en était sortie la première, le visage encadré par une épaisse chevelure noire, enveloppée dans une ample cape, puis un homme vêtu d’un pardessus croisé, les traits obscurcis par l’ombre portée de son chapeau, était apparu. Il s’était légèrement incliné pour allumer une cigarette, et la flamme vacillante avait éclairé un regard curieux, presque inquiet, celui que l’on promène sur ces endroits inconnus où l’on arrive sans les avoir choisis. »

 Collection  Sur le Fil dirigée par Murielle Szac
Des romans où le destin d’un poète croise la grande Histoire

Pages : 128
Prix : 14,50 €
ISBN : 978-2-36229-084-8

 

MaxJacob_72dpiROMAN

Auteur : Bruno Doucey

Parution : le 21 mai 2015

L’histoire :
1943 : Saint-Benoît-sur-Loire. Dans une chambre, un vieux poète juif attend qu’on vienne le chercher. Anticipant son arrestation, Max Jacob noircit les pages d’un petit carnet, racontant avec un humour féroce la folie qui s’est emparée du monde, son inquiétude pour sa soeur déjà déportée, ses angoisses, ses rêves et ses colères. Ce carnet ne le quitte pas en prison et l’accompagne jusqu’à ses dernières heures à Drancy. Il y consigne l’horreur mais aussi l’humanité des rencontres au camp. C’est en poète qu’il vit chaque instant et nous donne à voir un univers où la folie s’est emparée des hommes. Un univers où la poésie se transmet comme seule étincelle de vie contre la barbarie. Ce faux journal résonne avec une justesse bouleversante et nous tient en haleine de bout en bout.

Extrait :

«• Hypothèse n°1 : on ne me tolère ce carnet que parce qu’il est jaune. Si le tissu vient à manquer pour l’étiquette, on pourra toujours y découper des étoiles et les coller sur la poitrine des Juifs que l’on amène ici.
• Hypothèse n°2 : les Allemands ont un goût très prononcé pour l’humour jaune.
– En connaissez-vous la raison, mademoiselle ?
– Pas le moins du monde.
– Regardez autour de vous, réfléchissez.
– Je sais ce qu’est l’humour noir, monsieur Jacob, mais l’humour jaune, non, vraiment, je ne vois pas.
– Eh bien, les SS n’aiment-ils pas voir les Juifs se faire de la bile ? Si mon carnet était rouge, on me l’aurait déjà confisqué.
• Hypothèse 3 : Un vieux poète griffonne dans son coin. Et alors ? Empêche-t-on le phtisique de tousser ? Le galeux de se gratter ? L’aveugle de rester dans le noir ? Pour l’heure, les gendarmes ont bien d’autres chats à fouetter. Mais quand viendra mon tour, on m’arrachera ce carnet des mains et on le jettera dans la première poubelle venue.»

Collection  Sur le Fil dirigée par Murielle Szac
Des romans où le destin d’un poète croise la grande Histoire

Pages : 184
Prix : 15,50 €
ISBN : 978-2-36229-083-1

 

La femme dans le soleil_72dpiAuteur : Breyten Breytenbach

Traduit de l’afrikaans
par Georges-Marie Lory
Préface de Georges-Marie Lory

Parution : le 2 avril 2015

Le mot de l’éditeur : À vingt ans, je militais pour la libération de Breyten Breytenbach ; me voici aujourd’hui l’éditeur de ses poèmes, heureuse surprise de la vie. La vie, c’est d’ailleurs elle que chante La femme dans le soleil, itinéraire poétique d’un homme que l’histoire a changé en oiseau migrateur. Tout y est : sa survie sous le régime d’apartheid, son goût des terres fauves, la vitalité charnelle de l’amour, l’état d’insurrection dans lequel le laisse l’injustice. Sans oublier ces lieux qu’il arpente avec une énergie créatrice : l’île de Gorée, où fait souvent escale sa voile blanche, Paris sa ville de cœur, l’Eastern Cap que le couchant transforme en « coulée d’or ». Si les frontières lui sont étrangères, c’est que l’exilé est aussi un « oiseau constructeur » qui sait tenir le cap de l’espérance. Par la force magique de son verbe et un sens inné de la résistance, le poète tend vers l’horizon un rêve immense de liberté.

Extrait :

«Très-aimée, je t’envoie une tourterelle vermeille
car personne ne tire sur un messager rouge
Je lance haut dans l’air ma tourterelle vermeille je sais
que tous les chasseurs la prendront pour le soleil »

Collection : Soleil noir

Pages : 112
Prix : 14,50 €
ISBN : 978-2-36229-082-4

 

Le Sang des hommes_300dpiAuteur : Luc Bérimont
Préface Marie-Hélène Fraïssé
Postface Jean-Pierre Siméon

Parution : le 5 mars 2015

Le mot de l’éditeur : Luc Bérimont aurait aujourd’hui cent ans, mais sa poésie est jeune, vivante, frémissante de passions. Une poésie que je suis heureux de faire découvrir aux uns, redécouvrir aux autres. Ce livre – conçu par Marie-Hélène Fraïssé, la dernière compagne du poète – débute avec Domaine de la nuit et La Huche à pain, textes marqués par la présence d’un monde en voie d’effacement et par les désastres de la guerre. Avec Les Accrus, s’ouvre le cycle de la maturité, verbe et sève mêlés, dans une vigueur qui réconcilie avec le monde. Viennent enfin les textes qui préparent à l’adieu : « J’ai mal de te quitter, mal à hurler, mal à ma vie », écrivait Bérimont dans Reprise du récit, publié l’année même de sa mort. Un voyage dans la « langue simple, intense, fraternelle » de celui qui fut un éveilleur d’émotions partagées. Un chant à hauteur d’homme, indispensable à notre temps.

Extrait :

« Le soir tombait
Le sang des hommes tonnait comme le torrent gronde
J’entendais tout
Je savais tout
Je mangeais ton cri pour me taire
Je saignais et je rayonnais, partagé, muet, solidaire
J’écrivais des poèmes d’amour à la lueur insuffisante des incendies
Sous la pluie qui coulait doucement »

Collection En résistance

Pages : 160
Prix : 15,50 €
ISBN : 978-2-36229-080-0